Logement — Publié le June 30, 2014

L’avenue Franklin Roosevelt, jardin des ambassades ?

La fonction diplomatique impose ses desiderata au patrimoine classé de la Maison Delune et à tout le quartier

La maison Delune a été rachetée en 2012 par l’ambassade des Émirats arabes unis dont le projet de rénovation et d’extension est analysé ce mardi 1er juillet en commission de concertation de la Ville de Bruxelles. La demande de permis est déjà l’objet d’une vive contestation par les riverains du quartier du Solbosch. L’ARAU remet en cause la démesure d’un projet inapproprié au site et, plus généralement, la concentration de la fonction diplomatique sur l’avenue Roosevelt.

Ce projet implique l’abattage d’une cinquantaine d’arbres (entre autres pour la construction d’un parking souterrain) et, de ce fait, la suppression de l’écrin de verdure de la maison. Il propose en outre la construction ex nihilo de deux nouveaux bâtiments sur le terrain, condamnant de cette manière les fenêtres (vue et apport de lumière) des ateliers d’artistes de l’avenue de l’Orée. Du fait d’un programme trop important (plus de 2000m²) par rapport aux espaces disponibles, le projet de l’ambassade malmène ses voisins directs et dénie le cadre urbanistique dans lequel il prend place.

À l’instar des autres fonctions, la fonction diplomatique, aussi prestigieuse soit-elle, ne peut nier la ville. La concentration d’une seule fonction nuit à l’habitabilité de la ville.  Les ambassades doivent respecter le contexte urbanistique dans lequel elles s’inscrivent, et qui contribue à leur image. A fortiori si elles s’installent dans un bâtiment reconnu pour sa valeur architecturale, esthétique, et historique. L’avenue F. Roosevelt n’est pas le jardin des ambassades, portées sur la sécurité, les parkings et la déforestation.Comme tout demandeur qui acquiert un immeuble de 400 m², l’ambassade est supposée concevoir un projet en relation avec les capacités existantes, et concordant avec les règlementations urbanistiques. Pour ce faire, l’ARAU estime que :

  1. Les ambassades et autres représentations ne doivent bénéficier d’aucun privilège indu et doivent respecter le contexte urbanistique
  2. Le projet doit respecter les perspectives paysagères et pour ce faire abandonner le projet de parking souterrain
  3. L’ambassade doit proposer un projet à la mesure du bâtiment classé et du patrimoine paysager quitte à dissocier ses différents projets d’ambassade, de consulat, et de réception
  4. Le projet doit respecter les avis, conforme et non-conforme, de la Commission Royale des Monuments et des Sites