Le terme « gentrification » est un néologisme anglais mis en évidence en 1963 par la sociologue Ruth Glass à propos de Londres. Il désigne, avec une connotation négative, l'évolution sociale des quartiers centraux dégradés, investis progressivement par les classes aisées. Sous l'effet de « la rénovation urbaine », publique et privée, les loyers et les valeurs foncières augmentent, les habitants des quartiers sont relégués au profit d'une classe sociale détentrice, si ce n'est de revenus importants, du moins d'un capital socio-économique élevé. Il en découle un changement discret de sociologie des quartiers urbains.
Dans les années 80-90, c'est d'abord dans le monde anglo-saxon que la gentrification a été analysée. Les débats portaient principalement sur les causes de ces processus. La gentrification est-elle induite par les politiques de rénovation urbaine menées par les pouvoirs publics ou par les choix résidentiels individuels de ménages issus de la « nouvelle classe moyenne » ? Certains sociologues, en particulier en France, considèrent aujourd'hui que la gentrification se généralise depuis les années 2000 comme effet induit, voire comme objectif majeur, des politiques urbaines.
Depuis quelques années, des géographes bruxellois entendent démontrer la transposition de ces phénomènes à Bruxelles et remettent en cause les politiques de rénovation urbaine. Du côté du politique, soit on assume une certaine gentrification au nom d'une « mixité sociale », soit on réfute ce phénomène, bien que l'évolution des prix de l'immobilier à la hausse et la rareté du logement public ne soient pas contestées.
Le combat de l'ARAU réside dans la ville accessible pour tous parce que la ville est une chance et un outil, surtout pour ceux qui manquent de moyens. La peur de la gentrification, est-ce la peur de voir cet outil qu'est la ville échapper aux pauvres ? Bruxelles est-elle à la veille d'un embourgeoisement ou plutôt d'un "ré-embourgeoisement" néfaste ? Et, si oui, comment dès lors orienter les politiques publiques pour permettre d'y remédier ?
L'ARAU propose d'en débattre publiquement.
