Démolition sans permis - 22 septembre 2016

Rue Ducale 63 : les spéculateurs encore récompensés ?

La demande de régularisation des travaux de démolition effectués sans permis passe en commission de concertation ce mardi 26 septembre. La Ville, qui avait à l’époque accepté le projet de façadisme, a annoncé qu’elle appliquerait des sanctions exemplaires face à ce scandale.

Il y a tout juste un an, le 22 septembre 2016, l’ARAU recevait des photos de riverains stupéfaits par des travaux en cours, rue Ducale 63 : tout un pan de façade néoclassique était démoli !

L’ARAU avait alors réagi en diffusant ces photos, et l’échevin de l’urbanisme avait répondu à la presse que la Ville était intervenue dès que possible en posant les scellés sur le chantier, pour demander une restauration à l’identique de la façade, ainsi qu’une amende, sans exclure de porter plainte contre le promoteur. Le  projet comporte des antécédents...

L’immeuble a été racheté à l’Ambassade de France contiguë, par un privé en 2011. En 2012, une première commission de concertation porte sur un projet de démolition-reconstruction qui ne maintenait que la façade. Celle-ci aurait de toute façon été défigurée par le percement d’une entrée de parking.  L’ARAU s’est opposé à cette manière de procéder.

C’est pourquoi l’ARAU veut aujourd’hui revenir sur les faits en insistant sur les dangers de ce type de projet qui,  en refusant de s’accorder au bâti existant, fragilise le patrimoine. Les projets de façadisme déstabilisent ici au propre comme au figuré le patrimoine bruxellois : les intérieurs d’origine sont supprimés, ils n’ont donc plus de lien avec la façade préservée. Et  l’on constate ici que la façade d’origine a été, au final, tellement fragilisée qu’il est maintenant question de sa démolition-reconstruction, pour cause de « stabilité » et de « sécurité ».


Depuis le début, comme dans tous les dossiers analogues, les seuls moteurs du projet sont l’accroissement des superficies disponibles (le gain est pourtant ici minime : un tel sacrifice patrimonial pour gagner 181 m²), et surtout le parking. Ce parking a pourtant été, au départ, refusé par l’administration… et le métro est à quelques mètres.

Une rehausse du bâtiment était envisageable en renforçant et en maintenant l’authenticité de la façade originale. Mais le parking condamnait de fait la façade et l’authenticité du bâtiment. Le projet a néanmoins été accepté malgré un rapport lucide de l’administration émis dès 2012. Les porteurs de ce projet se sont sentis encouragés.

L’ARAU s’interroge donc : la Ville a-t-elle infligé une amende et si oui, à combien se monte-t-elle (maximum 250.000€, avaient indiqué les articles de presse)? La Ville a-t-elle porté plainte contre le demandeur, et si oui à quelle date ?

Mais surtout : comment éviter la contagion ? La Région doit impérativement procéder au classement de tous les biens qui le justifient, puisque seul le classement constitue un rempart à la démolition. Il s’agira d’un signal clair quant à la volonté publique de vraiment protéger le patrimoine et le tissu urbain, fondements de l’identité bruxelloise.