2000

Pour une doctrine de la réparation urbaine

À l’occasion de sa 31eÉcole urbaine, l’ARAU ouvre à nouveau une série de dossiers qui ont marqué son parcours : le Carrefour de l’Europe, le Musée d’Art moderne, le boulevard Léopold II, la caserne Albert et la concertation publique. Ces différents dossiers sont symboliques à plus d’un titre.

En effet, l’ARAU s’est penché, à maintes reprises, sur chacun d’entre eux, répétant inlassablement, au cours de nombreux communiqués ou conférences de presse, la nécessité de « rebâtir la ville là où il y avait la ville » et l’importance du logement comme facteur de revitalisation du centre de Bruxelles. Même si chaque cas possède une problématique particulière, les interventions de l’ARAU visaient un objectif commun : la réparation urbaine.


Dans un cadre plus large, ces dossiers sont exemplaires de la complexité d’un dossier urbanistique : un projet se succédant à un autre, entraînant à chaque fois son lot d’erreurs et de lenteurs, suivant les volontés politiques et les intérêts financiers du moment.

Le carrefour de l’Europe est la premier thème abordé par l’ARAU. C’est par une conférence de presse à propos de l’aménagement de ce site qu’au mois de mai 1969, le groupe a débuté son action. Depuis lors, l’ARAU n’a eu de cesse de plaider pour la reconstruction d’un quartier habité qui s’étendrait entre le parvis de la cathédrale et la place de la Justice, avec comme objectif la politique du retour à la ville et l’amélioration des espaces publics dans la tradition de la construction urbaine.

Le Musée d’Art moderne, quant à lui,  a toujours été un des enjeux essentiels du combat pour le maintien de la liaison historique entre le haut et le bas de la ville. Depuis les années septante, l’ARAU s’oppose farouchement à ce qu’il considère comme la création d’un « zoning culturel », alors qu’une mixité harmonieuse des fonctions favoriserait la revitalisation et la sécurisation du quartier. Toutefois, les dernières maisons habitées de la rue Montagne de la Cour ont été détruites en 1983, on attend toujours leur reconstruction promise...

Dans les années quatre-vingt, la destruction du viaduc surplombant le boulevard Léopold II était pour l’ARAU l’occasion de rompre avec la traditionnel politique du « tout à l’automobile ». L’ARAU proposait l’aménagement du site en boulevard haussmanien, associant une diminution du trafic routier à une bonne déserte des transports en commun, mais c’est l’idée de la construction d’un tunnel qui a été finalement retenue. Aujourd’hui, le caractère architectural et la spécificité sociale du boulevard sont menacés par la spéculation immobilière.

Dès le rachat de la Caserne Albert en 1976, l’ARAU a, plus d’une fois, proposé d’affecter aux logements ce qu’il considère comme l’un des lieux les plus habitables du centre. Projet après projet, le site demeure vide et se dégrade. Ce qui à la base devait devenir des logements sociaux vient d’être vendu par la Région au privé...

La mondialisation de l’économie et le rôle grandissant des institutions internationales telles que l’Union européenne, diminuent la capacité de contrôle des citoyens sur l’orientation de la société, mais laisse à la ville le soin de problèmes tels que la lutte contre la pauvreté. Dès lors, le rôle de la ville devient plus important, d’où la nécessité de construire une démocratie urbaine forte. À ce point du vue, la publicité des concertation est, dans le domaine de l’urbanisme, un acquis majeur des Bruxellois qu’il est vital de protéger.

Loin d’une vision passéiste de la réalité urbaine, l’ARAU entend, en recourant à des dossiers phares, poursuivre sa réflexion sur la cité. Pour l’ARAU, le projet d’une ville « pour et par l’habitant » est aujourd’hui, plus qu’hier, d’actualité. C’est dans cette optique que la 31e École urbaine s’attachera à la question de la réparation urbaine.

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