Logement — Publié le 22 mai 2014

La concentration d’une activité commerciale tue la vie urbaine !

Les nouveaux bars et restaurants fleurissent rue de Flandre. L’identité commerçante de la rue, qui reposait historiquement sur la diversité et l’offre de proximité, est aujourd’hui bouleversée par une réorientation des activités commerciales vers le secteur Horeca. Cette mutation opérée assez rapidement fait craindre, à l’instar du quartier Saint-Géry, une spécialisation exclusive du  noyau commerçant aux dépens de tous les autres types de commerces et au détriment de la diversité. 

Le vice-président de la « Fédération Horeca Bruxelles » a confirmé le 17 mai dans la presse que le secteur Horeca se portait très bien dans la capitale, avec une augmentation du nombre de cafés de 10% ces 5 dernières années, concentrée dans le Pentagone.  

La concentration d’activités horeca, fussent-elles individuellement de qualité, se révèle particulièrement incompatible avec l’habitat car elle entraîne un cortège de nuisances. Perte de diversité commerciale, nuisances sonores, diminution de la qualité de vie : tels sont en effet les problèmes soulevés par les habitants des quartiers du centre conquis par l’Horeca.

Suite à la 6e réforme de l’Etat certaines matières commerciales sont en cours de régionalisation et vont s’intégrer au Code Bruxellois d’Aménagement du Territoire pendant l’été : une proposition d’ordonnance modifiant le COBAT a été adoptée par le parlement bruxellois le 25 avril dernier. Outre la régionalisation de la loi Ikea (concernant les implantations commerciales), cette ordonnance propose, en s’appuyant sur le principe de protection du consommateur, une nouvelle procédure pour tout projet de commerce qui fera l’objet d’une « déclaration urbanistique » à déposer aux services  communaux (déclaration dont le contenu doit encore être arrêté).
Si cette mesure, qui permet en réalité une simple veille sur l’évolution des commerces au niveau des communes, est assez succincte (c’était une « ordonnance sur la mixité commerciale » à part entière qui était attendue depuis l’accord de gouvernement fédéral de 2011…), c’est néanmoins une évolution non négligeable vers une possible régulation de l’offre commerciale par des dispositifs urbanistiques.

La Ville de Bruxelles prépare, par ailleurs, un Schéma de Développement Commercial, un document directeur  qui proposera des  recommandations opérationnelles  pour le commerce de l’hyper-centre dans le cadre du redéploiement des boulevards.

C’est dans ce contexte que L’ARAU réaffirmer, 2 analyses à l'appui, qu’il n’est pas souhaitable de prôner, à tout prix, une spécialisation des noyaux commerciaux pour en favoriser leur attractivité, au risque de défavoriser la fonction habitat. Il faut au contraire que les autorités publiques aient les moyens d’une politique cohérente dont le but ne serait, non pas de discriminer l’horeca en particulier, mais d’assurer le mix commercial et la complémentarité des commerces en général au sein d’un même quartier, au profit de la ville habitée.

  • Une première analyse développe, à partir de l’étude de la situation de la rue de Flandre, le problème de la vampirisation de quartiers centraux par l’horeca, activité commerciale qui est promue comme un « commerce de destination » phare, au profit de l’attractivité touristique, mais qui se réalise au détriment de la qualité de vie des habitants.
  • La seconde s’attarde sur la nécessaire revalorisation des commerces de proximité au sein même d’un liseré commercial, et sur les moyens de régulation possible pour ce faire, exemple parisien à l’appui.

La concentration d’une fonction commerciale nuit à la vie urbaine… Il ne faut pas  s’étonner de l’exode urbain !

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