Patrimoine — Publié le 30 septembre 2014

HUB : Les Monuments et Sites veulent la démolition d’une façade de Paul Saintenoy !

Façades Rue des Sables

Quelle est la politique patrimoniale de la Région ? Les fonctionnaires, qui par un goût personnel tout à fait légitime, vénèrent l’architecture contemporaine ne sont pas pour autant fondés à plaider des démolitions inutiles, dispendieuses économiquement et écologiquement et à encourager la démolition du patrimoine, surtout quand ils travaillent aux Monuments et Sites.

L’ARAU donne RDV à la presse le lundi 6 octobre 2014, à 11h00, devant le 3 rue des Sables, afin de faire le point sur ce dossier.

Le 25 avril 2013, l’ARAU a publié un communiqué de presse : Projet de nouveau campus de la Hogeschool-Universiteit Brussel (HUB) : au secours, les iconoclastes reviennent ![1]

Visiblement ils ne sont pas toujours là où on les attend. Rétroactes : La HUB, qui s’est rendue propriétaire en 2012 d’un ensemble d’immeubles situé rue du Marais 33 - rue des Sables, 3a et 3b a l’intention de démolir la majeure partie de cet ensemble, dont une façade de Paul Saintenoy, rue des Sables 3a,  pour reconstruire un ensemble de locaux et de logements destinés à ses étudiants.

Ce n’est pas l’affectation qui pose ici question puisque les équipements sont nécessaires et sont susceptibles de contribuer à la restauration de la mixité fonctionnelle dans un quartier qui a été voué majoritairement au tertiaire entre les années 1950 et 2000. Il en résulte, dans ce quartier, plusieurs îlots dont personne ne pleurerait la disparition. Encore faut-il que l’implantation ou l’extension des équipements s’intègre dans le projet  de  ville.

La CRMS est une  instance d’avis composée d’experts nommés par le Gouvernement. Son avis est requis entre autres quand le bien est classé ou sauvegardé ou quand il est situé dans la zone de protection d’un bien classé (ici en l’occurrence, le Centre belge de la BD et l’ancien siège des Presses socialistes d’un élève de Victor Horta, rue des Sables - rue Saint-Laurent, admirablement reconverti par la Province des Asturies).

L’avis de la CRMS du 13 mars 2013 est très clair : les immeubles actuels sont très solides et récemment rénovés et il est inadmissible de les démolir. La CRMS demandait, comme il est d’usage, une étude historique (le premier dossier pour la demande de permis d’environnement n’en comportait aucune). Dont acte. Celle-ci renforce le poids de la première analyse de la CRMS.

L’étude historique, rédigée par l’Association pour l’étude du bâti, explique que les bâtiments visés par la démolition sont en très bon état, ils ont fait l’objet d’une rénovation de 1989 à 1992. « Cette rénovation menée par l’architecte Van Dessel se signale à la fois par sa rationalité, mais aussi par la volonté du maître d’ouvrage et de l’architecte de conserver tout ce qui pouvait l’être »

Réinterrogée sur base du nouveau projet, la CRMS remet un deuxième avis lors  de sa séance du 4 juin 2014. Elle confirme son avis précédent : la démolition est absurde, en serait-ce que du point de vue du développement durable. La CRMS ne peut approuver la démolition des bâtiments existants, elle demande de revoir la manière   de transformer les immeubles et de ne pas nier le patrimoine, d’autant qu’une reconversion créative est possible.

Alors que s’est-il passé ? Puisque l’élaboration des projets fait, le plus souvent, l’objet de concertations secrètes avec les différentes administrations, parfois sous la houlette des cabinets,  qui a permis la poursuite de cette optique désastreuse ?