PAD Loi : la Région impose aux Bruxellois un urbanisme dépassé

PAD Loi : la Région impose aux Bruxellois un urbanisme dépassé

Omission  de l’espace public, incitation aux démolitions-reconstructions, détérioration du cadre de vie, négation du paysage urbain… et soumission aux desiderata de la Commission européenne : les choix de la Région pour transformer la rue de la Loi ne peuvent convaincre ni les Bruxellois, ni les (futurs) habitants, ni les travailleurs du quartier !

L’ARAU estime que la tactique élaborée par la Région pour faire entrer les propriétaires de la rue de la Loi dans la danse de la production de logements, à l’efficacité très incertaine et aux incidences non-maîtrisées, ne répond pas aux enjeux identifiés. Si la volonté est de réduire l’effet canyon de la rue de la Loi et de renforcer la fonction habitat, la Région doit  développer une autre logique. Au lieu de chercher à inciter les propriétaires privés et promoteurs à produire des logements sur leurs terrains, la Région doit d’abord utiliser les moyens dont elle dispose pour faire de la rue de la Loi une destination de vie et de travail agréable, en se concentrant sur les espaces publics dont elle a la maîtrise.

Assurer un environnement vivable est effectivement la condition préalable à l’habitabilité de cet axe. Ce n’est que par la réduction de la pression automobile et l’amélioration du cadre de vie des habitants, des travailleurs et usagers de la rue de la Loi que l’on peut envisager un développement possible de la mixité fonctionnelle, et des investissements pour des projets de logements accessibles. Or, non seulement le PAD a éludé de sa stratégie les espaces publics mais il tend en outre à dégrader les conditions de vie des environs, en rendant possible la construction de 14 nouvelles tours (et quelques décennies de chantiers conséquents), qui risquent d’exacerber les fractures paysagères et sociales du quartier.

Pour l’urbanité et des logements rue de la Loi, les solutions sont ailleurs :

  • la requalification de la rue de la Loi est un préalable à tout plan visant à rendre le quartier habitable (créer des « espaces ouverts » en marge n’améliorera pas l’espace public existant) ;
  • la diminution du trafic automobile nécessite de prendre des mesures réglementaires et d’aménagement contraignantes ;
  • le projet « tout aux bureaux » de la Commission européenne sur l’îlot B est contraire à l’objectif de réintroduction de mixité fonctionnelle et n’améliorera pas l’image de l’Europe et du « quartier européen » ;
  • des enfilades de tours n’augmenteront pas l’habitabilité du quartier de la rue de la Loi ni des quartiers environnants, au contraire ;
  • l’absence de quotas de logements abordables (sociaux et moyens) ne fera pas revenir la « classe moyenne » dans le quartier ;
  • le principe de démolition-reconstruction, incontournable dans la « stratégie » de la Région, s’oppose à ses objectifs environnementaux.

Le gouvernement doit donc retomber sur terre et commencer par se promener rue de la Loi pour remettre sur le métier le PAD en écoutant les avis des habitants et des diverses commissions expertes, et en travaillant d’abord sur l’espace public pour rééquilibrer l’usage de la rue, première faiblesse de cette artère. Les Bruxellois (y compris les travailleurs européens) ne pourront renouer avec ce quartier qu’à condition d’une requalification de l’espace public concomitante à une réduction drastique du trafic automobile : un objectif moins mégalo mais plus ambitieux, plus efficace, et plus rapide à mettre en œuvre que 14 nouvelles tours !