Bruxelles a-t-elle besoin d'une nouvelle ligne de métro ?

Bruxelles a-t-elle besoin d'une nouvelle ligne de métro ?

Projet de Métro Nord (-Sud?) : quels coûts et quels bénéfices pour les Bruxellois ?

En février 2013, le Gouvernement régional prenait la décision de créer une nouvelle ligne de métro à Bruxelles. Le projet de ligne 3 ou « métro Nord », entre Albert (Forest) et Bordet (Evere), se divise en deux tronçons. Entre Albert et la gare du Nord, il consisterait à adapter l’infrastructure existante du prémétro au passage d’un métro lourd (ce qui nécessiterait une nouvelle infrastructure entre Anneessens et la gare du Midi). Entre la gare du Nord et Bordet, une nouvelle extension souterraine est envisagée : percement d’un tunnel de plus de 5 km, création de 7 stations et d’un dépôt à Haren. Il s’agit d’un projet de grande ampleur, tant par son étendue géographique que par son coût (1,8 milliards selon les annonces les plus récentes du Ministre de la mobilité) mais aussi par ses impacts en matière de mobilité (réorganisation d’une importante partie du réseau de la STIB), de chantiers, de réaménagements des espaces publics, etc.

Alors que le projet se développe et que les premiers jalons sont en passe d’être posés, aucun débat n’a pourtant eu lieu, malgré les nombreuses interrogations et critiques soulevées par les habitants, les associations, les experts, le monde académique…

C’est pourquoi l’ARAU a décidé de consacrer sa journée d’étude annuelle au projet de métro Nord afin d’apporter un éclairage sur les questions qu’il suscite : ce projet est-il justifié ? Pourquoi et sur quelles bases l’option métro a-t-elle été retenue ? Quel serait son impact ? Existe-t-il des alternatives ?

VISITE GUIDÉE INTRODUCTIVE (Lundi 27 novembre 2017 de 12H30 à 14H00)
Molenbeek et le métro : 30 ans d’impacts urbanistiques
L’objectif de la visite est de comprendre quels ont été les impacts urbanistiques et socio-économiques du chantier du métro sur la commune de Molenbeek, et comment la reconstruction de la ville s’est, tardivement, opérée.

Molenbeek, le « Manchester belge », a une riche histoire liée à la Révolution industrielle. Après la deuxième Guerre Mondiale, l’économie se transforme et le secteur industriel s’effondre. Ce déclin industriel marque profondément la population et le bâti et les travaux d’aménagement du métro aggravent encore cette situation. En 1981, pour prolonger vers l’ouest la ligne 1, trois nouvelles stations sont créées : Comte de Flandre, Étangs Noirs et Beekkant.  Jusqu’ici, la réalisation des premiers tronçons du métro dans le Pentagone n’avait entrainé la démolition que de quelques immeubles (rue de l’Écuyer, rue de l’Évêque). Mais dans le cas de Molenbeek, les travaux provoquent une saignée dans le tissu urbain et chassent de leurs quartiers des centaines d’habitants pauvres (787 personnes expulsées et 150 immeubles détruits). À l’époque, l’ARAU proposa un contre-projet plus respectueux de l’environnement bâti.

La reconstruction ne sera entamée qu’en 1994, soit 20 ans après les premières démolitions. Du fait de l’importance des moyens financiers devant être mobilisés pour conduire cette reconstruction, comprenant à la fois du bâti et la totalité de l’espace public laissé en friche par le Ministère des communications de l’époque, celle-ci s’étalera sur près de 30 ans. Des travaux de reconstruction sont encore en cours…

Télécharger le programme de la journée d’étude