La ville s'en f(r)iche ?

A densifier ou à verduriser, les friches actuelles constituent des pions importants de l’environnement urbain de demain. Pour les urbanistes elles recouvrent de nouveaux morceaux de ville, pour les naturalistes une ressource en biodi­versité essentielle pour notre écosystème régional. Le CIVA, l’ARAU, Apis Bruoc Sella, Bruxelles Nature et Natagora vous proposent un colloque en deux temps. Une matinée de conférences et d’échanges et une après-midi consacrée à deux visites sur des terrains emblématiques des débats bruxellois et globaux actuels : la friche Josaphat et la friche du Donderberg.

Programme détaillé et inscriptions

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Introduction

La définition d’une friche est complexe. Historiquement, la friche renvoie à une terre mise au repos, abandonnée, une sorte d’espace (dé)laissé. À la fin de l’ère industrielle et à l’avènement du phénomène de désindustrialisation, de nombreuses friches ont fleuri dans le tissu urbain. On parle d’ailleurs aussi de “friche culturelle” pour désigner des espaces industriels occupés temporairement ou non par des artistes… Les friches peuvent aussi être considérées comme des espaces temporaires de liberté proposant un champ des possibles à ceux qui les connaissent, les fréquentent. La friche recouvre quoiqu’il en soit un espace qui se mue en terrain vague/zone désaffectée dès lors que les humains en abandonnent l’exploitation. 

Suivant l’acteur⋅trice que l’on incarne en milieu urbain (architecte, paysagiste, naturaliste, historien⋅ne, urbaniste, …), la définition que l’on se fait de la friche mais aussi les usages et les fonctions qu’on y “accole” varient. Ce colloque se veut un moment de rencontre entre les acteurs⋅trices de la ville (aménageurs, militant⋅es, et décideurs) pour remettre en perspective l’avenir des friches bruxelloises. 

Les friches sont aujourd’hui des espaces ouverts, où éclot une nature au cœur des villes. Au regard de l’urbaniste, une friche représente un vide végétalisé à combler dans une ville plutôt considérée comme un espace plein/à densifier. Pour les décideurs, la friche constitue un potentiel à exploiter en termes de construction de logements, d’accueil de nouveaux équipements (scolaires et sportifs), ou encore d’activités productives. Au vu des enjeux écologiques actuels, se pose dès lors la question de la place et du statut des espaces vides dans la ville, de l’intérêt de leur préservation et de la nouvelle biodiversité qui l’accompagne, ou encore du devenir des ressources foncières.

Matinée d'échanges

9h-13h

 

La valorisation des friches au prisme de l’écologie politique – Chloé Deligne et Benedikte Zitouni

 

Usages alternatifs : la friche au secours de l’urbanisation ? – Simon Blanckaert

 

La friche comme levier de qualité de vie urbaine – Yves Hubert

 

Un vide face au plein ? – Cécile Mattoug

Après-midi découverte

14h-17h

 

Deux balades à pied sont prévues l’après-midi autour de deux sites : le Donderberg et la friche Josaphat. Conduites par un binôme de guides ces visites prolongent le débat sur le terrain et proposent deux mises en perspective : l’une historique et urbanistique, l’autre naturaliste et militante. Seront développés l’histoire de la croissance urbaine autour de chacun de ces sites avec une rétrospective des contre-projets pour (ou contre) leur urbanisation, jusqu’à aujourd’hui.