Patrimoine — Publié le March 12, 2015

Tout projet régional pour le bâtiment Citroën doit intégrer et conserver les ateliers quai des Péniches !

Suite à l’annonce d’un accord pour le rachat par la Région des bâtiments Citroën place de l’Yser, l’ARAU rappelle l’intérêt à mettre en valeur  et exploiter les ateliers moins connus...

Aujourd’hui, nous ne plaidons pas pour le classement, vu la faiblesse de la politique patrimoniale de la Région, mais pour la conservation, la restauration et la mise en valeur de l’ensemble du complexe : show room et ateliers.

La décision de la Région d’acheter le bâtiment est une bonne décision car il est emblématique, fort, et bien situé.

Cependant, son projet repose sur une équation immobilière simpliste : financer une affectation culturelle par la construction de logements en lieu et place des ateliers, le long du canal. Elle envisage un musée d’Art moderne et contemporain dans le show room, place de l’Yser. Mais il faut rappeler que le fédéral a refusé en décembre 2014 de mettre à disposition les collections de feu le Musée d’Art moderne (…pourtant fermé depuis 4 ans) et que les collections privées ont un prix.

L’ARAU estime donc qu’il faut développer pour l’ensemble du site un programme plus riche et plus complexe qui comporte également des affectations utiles à la population de la zone du canal,  et génératrices d’emplois. La greffe d’un OVNI culturel dédié à une certaine culture élitiste et déconnectée serait, à juste titre vu les difficultés de la vie quotidienne des Molenbeekois, très mal perçue (cf. Tour et Taxis barricadé derrière ses grilles et ses parkings VIP). Pourquoi pas ne pas développer, pour les ateliers, une fonction en relation avec l’histoire industrielle de cette zone et les TPE bruxelloises (Très Petites Entreprises, comme des espaces de co-working) ? Pourquoi ne pas imaginer, pour l’espace du show room, une collaboration avec les acteurs du monde culturel ouverts sur la ville et en particulier les galeries d’art ?

La Région pourrait mettre à disposition des acteurs culturels et des designers un curateur, une équipe, un programme social destiné au quartier, et une whitebox par exemple.

Sans une décision ab initio sur un programme mixte et viable,  la Région mettra plus de 10 ans à trouver les accords et le financement nécessaires à un projet culturel a fortiori si elle est isolée. La Région annonce qu’elle veut diligenter une étude muséographique mais le projet a surtout besoin d’une vision et d’un bon business plan !